| Lun | Mar | Mer | Jeu | Ven | Sam | Dim |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 |
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 |
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 |
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | ||

Troisième épisode de l'aventure des élections présidentielles : 1974, la mort prématurée de Georges Pompidou mène à l'élection sur le fil de Valéry Giscard d'Estaing face à François Mitterrand.
Le 2 avril 1974, les Français apprennent avec brutalité et surprise la mort du Président Georges Pompidou, au terme d'une longue maladie. Alain Poher devient pour la seconde fois Président de la République par intérim. Une nouvelle élection présidentielle est programmée, dont le premier tour est fixé au 5 mai.
Georges Pompidou est inhumé le 4 avril à Orvilliers. Le même jour, le Parlement lui rend hommage. C'est à ce moment que Jacques Chaban-Delmas annonce sa candidature, souhaitant devancer deux concurrents appartenant au même parti majoritaire, Edgar Faure, Président de l'Assemblée, et Pierre Messmer, Premier ministre depuis 1972. La dépêche de l'AFP annonçant sa candidature tombe sur les téléscripteurs au moment de l'annonce de l'éloge funèbre à l'Assemblée... Françoise Giroud déclarera dans L'Express "on ne tire pas sur une ambulance".
Le 8 avril, Valéry Giscard d'Estaing, ministre de l'Economie et des Finances, annonce à son tour qu'il est candidat, mais fait savoir qu'il est prêt à se retirer en faveur du Premier ministre. Celui-ci déclare le lendemain qu'il est "résolu à se présenter au suffrage des Français" si les candidats encore en lice "se retirent". Faure se retire, mais Chaban décide de se maintenir, d'où la décision de Messmer de ne pas se présenter.
A gauche, François Mitterrand est le candidat commun. Les trotskistes Alain Kirivine et Arlette Laguiller sont à nouveau candidats. On trouve au total onze candidats, parmi lesquels Jean Royer, ministre des Postes et Télécommunications, René Dumont pour le mouvement écologiste, Guy Héraud et Jean-Claude Sébag représentant deux mouvements fédéralistes européens distincts, Jean-Marie Le Pen pour le Front National, Bertrand Renouvin, monarchiste de la Nouvelle Action Française, Emile Muller pour le Mouvement Démocrate socialiste de France.
La bataille est ouverte entre Chaban et Giscard. Le premier se croit en mesure de pouvoir dire "tous les gaullistes sont derrière moi". C'est sans compter sur Jacques Chirac qui lance le 13 avril "l'Appel des 43" (dont 39 députés) à une candidature d'union en faveur de Giscard.
Le 5 mai, l'abstention n'atteint pas 16%. François Mitterrand obtient 43,2% des suffrages exprimés, Giscard 32,6%, Chaban seulement 15,1%. Jean Royer obtient la quatrième place avec 3,17%, Arlette Laguiller fait 2,33%, René Dumont 1,32%. Les autres candidats ne réalisent pas 1%.
L'entre-deux-tours est marqué par le face à face Mitterrand-Giscard, le 10 mai à 20 heures, suivi par 25 millions de téléspectateurs. Giscard semble marquer des points avec son "Vous n'avez pas le monopole du coeur monsieur Mitterrand". Cependant, quelques jours après, un sondage donne les deux candidats à égalité.
Le 19 mai, l'abstention diminue encore, pour se situer à un niveau historique de 12,7%. Giscard : 50,8% - Mitterrand : 49,2%. Un écart d'exactement 424 599 voix sur 26 millions de suffrages exprimés. Elu, Giscard annonce "une ère nouvelle de la politique française, celle du rajeunissement et du changement de la France". Mitterrand lui, console les siens en proclamant que "quelque chose vient de commencer qui ne s'arrêtera pas de sitôt". Sept ans plus tard, l'avenir lui donnera raison.
A suivre... 1981
|
L'élection de 1974 en vidéos Les grandes surprises de l'élection présidentielle - 1974 1/2 et 2/2 |