| Lun | Mar | Mer | Jeu | Ven | Sam | Dim |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 |
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 |
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 |
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | ||
Chute vertigineuse dans les sondages, imbroglio dans son propre fief de Neuilly pour la désignation du candidat aux municipales, rivalités entre ministres, mécontentement des députés, surexposition de sa vie privée... Nicolas Sarkozy n'arrive pas à sortir de cette séquence négative qui dure depuis novembre. D'autant plus inquiétant pour la majorité que les municipales arrivent à grand pas. Retour sur ce qui ne va pas pour le chef de l'Etat.
Sondages : la dégringolade
66% d'opinions favorables au mois de juillet, deux mois après l'élection présidentielle qui l'a élu triomphalement à la tête de l'Etat. Le président Sarkozy est alors en plein état de grâce, au moment où sont votées les premières lois de son quinquennat : loi TEPA en faveur de l'emploi et du pouvoir d'achat, loi sur l'autonomie des universités ou encore loi contre la récidive. C'était il y a sept mois et depuis, les courbes d'opinions favorables et défavorables se sont croisées, puis se sont inversées.
|
Le mois d'août avait marqué une petite chute, notamment avec les vacances luxueuses aux Etats-Unis, mais le président de la République était remonté à son sommet en septembre, mois marqué par son discours de présentation de l'agenda sociale, du discours sur la fonction publique ou sa première grande interview télévisée. Mais très vite, Nicolas Sarkozy entra dans une période de difficultés, voire de fortes turbulences, dont il essaie toujours de se sortir. La conjoncture économique internationale commença à se dégrader, les Français commencèrent à réclamer davantage d'action et de résultats dans le domaine du pouvoir d'achat, les négociations sur la réforme des régimes spéciaux de retraite conduisirent le pays dans des grèves qui rappelèrent celles de 1995. A cela s'ajouta la crainte d'un retour des émeutes de 2005 après les incidents qui éclatèrent à Villiers-le-Bel. La visite du colonel Kadhafi une semaine à Paris au mois de novembre exaspéra une bonne partie de l'opinion. La côte de popularité du chef de l'Etat s'était déjà bien érodée en trois mois. |
> Opinions favorables et défavorables sur l'action du président de la République (Ipsos)
|
A tous ces problèmes qu'un président de la République peut rencontrer s'ajoutèrent les déboires conjugaux du président de la République. Nicolas et Cécilia Sarkozy annoncèrent leur divorce par consentement mutuel le 12 octobre. A cet épisode succéda celui de la rencontre avec Carla Bruni mi-décembre, la journée à Disneyland, Noël passé à Louxor, le week-end à Pétra, et enfin le mariage au début du mois de février. La vie privée prit le dessus sur la gestion des problèmes du pays. Ce fut alors le dévissage dans les sondages. Certes cette surexposition médiatique de sa vie sentimentale n'explique pas entièrement la chute, mais elle y contribue. Fin janvier, la côte de popularité de Sarkozy était au même niveau que celle de Chirac début 1996, après les grandes grèves de 1995.
Alors qu'après la période de surexposition le président a voulu faire profil bas sur sa vie privée (mariage célébré en intimité), celle-ci semble toujours aux avant-postes avec la publication cette semaine par L'Express du premier interview de Carla Bruni-Sarkozy en tant que première dame de France.
Voilà comment en quelques mois, le président de la République est devenu "impopulaire". Alors qu'il était immédiatement apparu à la hauteur de la fonction au mois de mai, donnant l'impression de tout contrôler, de tout gérer (le gouvernement, l'opposition avec l'ouverture...), les doutes et la déception sont apparus avant la fin de l'année 2007. A vouloir tout maîtriser lui-même, il en paie le prix. Et alors qu'il dégringole, son Premier ministre que l'on a souvent jugé effacé remonte dans les sondages et est désormais plus populaire que le locataire de l'Elysée de 10 points
Petites guéguerres entre ministres, mécontentements dans la majorité
La cohésion de l'équipe gouvernementale pâtit de plus en plus du décrochage de Nicolas Sarkozy. Les municipales, qui s'annoncent difficiles pour la majorité, devraient donc être suivi d'un remaniement ministériel, qui devrait être important selon le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant. C'est pourquoi les ministres perdent facilement leur sang-froid, n'hésitant pas à user de coups bas pour se mettre des bâtons dans les roues. Le 6 février, lors du Conseil des ministres, Nicolas Sarkozy n'a pas détendu une ambiance déjà délétère en indiquant : "J'écoute, je lis, j'entends tout ce qui se dit. Après les municipales, je prendrai avec sang-froid les décisions qui s'imposent". Presque tous se sont sentis visés, à commencer par François Fillon, qui a reçu des mises en garde répétées du chef de l'Etat.
Des événements de l'actualité ou des annonces de mesures ont pu montrer l'atmosphère tendue qui pouvait régner entre un ministre et son secrétaire d'Etat : Christine Boutin et Fadela Amara à propos du plan Banlieues, Roselyne Bachelot et Bernard Laporte (la première répondant au second "On ne remplit pas une fonction pour le plaisir" dès sa nomination en octobre), Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet à propos de l'écologie, Christine Lagarde et Xavier Bertrand à propos de l'emploi. C'est d'ailleurs ce dernier qui semble le plus irriter ses collègues, alors que le chef de l'Etat semble vouloir le mettre en valeur face à Fillon. La ministre de l'Economie Christine Lagarde a dû démentir des rumeurs de démission qui viennent selon elle d'un "ministre social"... Les ministres d'ouverture sont également montrés du doigt pour leur liberté de parole (Fadela Amara, Bernard Kouchner...).
Les parlementaires UMP ne sont pas en reste. Dernier épisode en date : le rapport Attali, perçu comme la victoire de la "République des experts" sur celle des élus. Les rapports entre les députés et les conseillers de l'Elysée sont également tendus. Claude Guéant agace, Henri Guaino irrite.
Des municipales perdues d'avance ?
Le tableau présenté, la majorité peut craindre le pire pour les élections municipales qui se tiendront dans quatre semaines. Dès lors, la question qui se pose est : faut-il nationaliser le scrutin ? Nicolas Sarkozy s'y est lui-même résigné, avec un recul tactique sur cette question. Néanmoins, les résultats des 9 et 16 mars prochains seront des signaux envoyés au gouvernement, comme à l'opposition, même si les scrutins seront aussi locaux. L'omniprésence du président ont transformé ces municipales en un test personnel. Partout l'UMP s'est efforcée de reproduire sa marque, avec l'ouverture pratiquée au sein du gouvernement.
Combien de villes la droite va-t-elle perdre alors ? La gauche semble sûre de conserver Paris et Lyon, et pourrait bien conquérir d'autres grandes villes : Toulouse, Rouen... Et le combat s'annonce difficile à Marseille pour Jean-Claue Gaudin, et à Bordeaux pour Alain Juppé.
L'imbroglio de Neuilly
![]() David Martinon, parachuté par Nicolas Sarkozy à Neuilly et lâché par le fils du président.
|
Symbole que le président de la République ne contrôle plus autant qu'il le souhaite : l'imbroglio qui touche son propre fief, Neuilly-sur-Seine, pour la désignation du candidat soutenu par l'UMP. Alors qu'il avait parachuté son porte-parole à l'Elysée David Martinon, celui-ci a été contraint d'abandonner après la parution d'un mauvais sondage, au profit du candidat divers droit Jean-Christophe Fromantin. C'est même le propre fils du chef de l'Etat, Jean Sarkozy, colistier, qui a porté le coup de couteau dans le dos de Martinon en le lâchant. Un autre colistier, Arnaud Teullé, démissionnaire avec Jean Sarkozy, a annoncé son souhait de conduire une liste dissidente alors que l'UMP a décidé de soutenir M. Fromantin mardi 12 février. |
Si cette séquence négative dans lequel s'est engagé le pouvoir exécutif devrait durer jusqu'aux municipales, Nicolas Sarkozy espère bien reprendre la main après ce scrutin. Les travaux du Parlement sont désormais suspendus et le gouvernement attend le 16 mars avant de s'engager dans de nouvelles réformes. A lui de prouver qu'il peut mener à bien le programme sur lequel il s'est engagé. Et un an sur cinq sera déjà bientôt achevé...